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Le monde s’éffondre de Chinua Achebe

Il était une fois, au fin fond du Royaume-Uni, dans un endroit où seul les asociaux et les sociopathes aiment se retrouver, une jeune femme (en autre, moi) trop sociable s’était retrouvée insociable et campagnarde malgré elle. Toute seule, au fond de son lit, après avoir lu un énième roman dans lequel, elle commençait vraiment à s’ennuyer à force de toujours fréquenter les mêmes lieux littéraires.

C’est ainsi que commença ma quête vers la littérature africaine.

Mes recherches me menèrent vers l’écrivain Chinua Achebe, un grand Monsieur Nigérian dont je n’avais jamais entendu parler.

Quoi de mieux que la colonisation pour commencer mon initiation ? C’est ainsi que commença ma lecture, « LE MONDE S’EFFONDRE ».

Moi qui voulais voyager littérairement, je peux vous dire que j’ai été servie! Même un peu trop. Tellement que je dois maintenant digérer (« oui, je sais, les femmes ne sont jamais satisfaites »).

Dans la première partie du livre, l’auteur nous fais voyager à travers des coutumes, rites, mythes et croyances de la communauté du héros. La vie du guerrier « Okonkwo » et les habitants de son village « Ibo d’Umuofia », est racontée et décrite sur une centaine de pages, saison après saison. Je me suis vraiment retrouvée au cœur de ce village, au point d’avoir envie d’en sortir le plus vite possible! (rires).

Malgré tout, je finis par m’attacher à quelques personnages.

La lecture devient captivante à partir de la partie II et III lorsque les colons arrivent progressivement tout chambouler dans le village.  L’auteur nous propulse dans l’époque coloniale. Au fil de ma lecture, je me sens meurtrie et révoltée: « les trois hommes blancs et un très grands nombres d’autres hommes ont encerclé le marché… Ils se sont mis à tirer… Le lac a pris la couleur du sang ».

 

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J’ai souvent entendu dire que lors de la colonisation, les colonisés ont donné leurs terres gratuitement aux colons sans se battre et en échange, les colons leur ont donnés la bible. Disons que cela ne sait pas tout à fait passer comme cela: « donnons-leur une partie de la Forêt Maudite. Ils se vantent d’être plus forts que la mort. Offrons leur un champ de bataille pour le prouver ».

Les colons avaient un avantage de taille, l’armement: « tout se passa si vite que les six hommes ne virent rien venir. Il y eut une courte bousculade et, sans avoir le temps de tirer les  machettes de l’étui, ils se retrouvèrent tous menottés et conduits dans la salle de garde ».

Ce livre m’a réellement permis de répondre à certaines questions sur la colonisation, d’en découvrir la version des colonisés ce qui change du programme scolaire français.

Le livre m’a laissé un goût amère mais m’a permis de donner une direction différente à ma réflexion sur ma condition de femme noire actuelle. Il a notamment soulevé une question: Subir ou mourir ?

Bonne lecture.

Adélia Good

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