BIB Letter

PS: Je t’aime malgré tout

Ce soir, après tant d’hésitation, de crainte et de peur d’un rejet de ta part, je décide enfin de me jeter à l’eau.

En ce jour, de 19 décembre 2015, il est exactement 1 h 49, je prends m’en courage à deux mains et décide de m’exprimer à travers cette lettre.

Ma Chère France,

Ma chère mère adoptive,

Je tiens à t’écrire, car je veux que tu saches ce que je ressens. J’ai besoin de me décharger

J’espère que cette lettre te parviendra.

Au début, notre histoire à très mal commencé. Je t’idéalisais. Je pensais vraiment que tu étais le paradis sur terre, que comme ma mère biologique ,tu allais m’accueillir à bras ouvert et me donner tout l’amour dont j’ai besoin.

Tu ne m’as jamais rien promis, mais j’attendais quelque chose de toi. Ce « je ne sais quoi » que tout le monde recherche. Tu étais mon eldorado, le pays des droits de l’homme. Le pays où tous les hommes naissent égaux quelle que soit la couleur, le sexe et l’âge.

Les gens autour de moi, me disais tellement du bien de toi, que je n’avais pas peur que tu m’adoptes. J’étais trop jeune pour décider de quoi que ce soit. Les choses se sont faites et j’ai suivi la vague.

Quelqu’un m’a dit : « Vas-y tu verras bien ce qui s’y passe » mais la désillusion a été totale.

Une liberté, une égalité et une fraternité qui n’a été que fictive !

A l’époque, j’étais trop jeune pour comprendre le pourquoi du comment. Je ne comprenais pas le rejet des autres.

J’ai appris avec le temps, qu’une partie de tes enfants de « souche » comme ils aiment tant le dire, ont vendu une partie de ton âme au diable pendant que tu étais malade.

Par pure jalousie et égoïsme, tes enfants de « souche » m’ont dit que je n’étais pas leur soeur car, je ne leur ressemblais pas. Ils m’ont dit de rentrer dans mon ancien chez moi, chez ma mère biologique.

En parallèle tes mêmes enfants de « souche » en contribué à rendre ma mère biologique handicapée. Si bien, qu’elle ne pouvait plus correctement s’occuper de moi. Ils ont bousillé son système immunitaire.

Que pouvais-je faire de plus ?

Comme tu es devenue muette à cause de ta maladie, tes enfants de « souche » prennent la parole à ta place. Quoique je dise, ma voix ne résonne pas. Personne ne m’écoute.

La seule solution qui me restait était de me battre.

Me battre contre tes enfants « égoïstes », qui ne veulent pas partager la part du gâteau dont la pâte a été faite par ma mère biologique.

Je me suis battue, pour mes droits.

Dans ma bataille, j’ai découvert que tu étais vraiment une femme honorable et que je n’étais pas la seule que tu avais adopté.

J’ai aussi remarqué qu’une autre partie de tes enfants de « souche » n’étaient pas des « tyrans ». Ils étaient prêts à m’aider et à m’ouvrir les portes nécessaires. Cependant, comme la mienne, personne n’écoute leurs voix.

Tout le monde préfère écouter la voix de tes enfants égoïstes, qui crient au loup, condamnent à tort et stigmatisent tes enfants adoptifs, y compris certaines de tes soeurs.

Je sais que mère, si tu n’étais pas malade, tu les aurais fait taire !

Hélas ! La situation ne s’améliore pas !

J’ai peur du pire.

Il y a quelques mois, j’ai décidé d’aller rendre visite à ta soeur le Royaume-Uni, histoire de changer d’air. En effet, certains de mes amis m’ont dit que ta soeur était aussi chaleureuse que toi. Que dans les médias et les entreprises la mixité était réelle. Si bien qu’il est impossible de faire la distinction entre ses enfants.

Hélas, là encore ma déception fût grande.

J’ai découvert qu’une partie des enfants « égoïstes » de ta soeur étaient beaucoup plus pervers que tes enfants « tyranniques  » en France surtout dans l’Angleterre profonde.

Comme ils savent que toute discrimination est sévèrement punie par ta soeur, ils jouent dans l’exclusion sociale. Ils refusent de se mélanger, de m’adresser la parole sauf si ce n’est que dans un cadre professionnel.  Je suis présente, sans être là.  Pourtant, je suis leur cousine.

Depuis et au fil des lectures d’enfants adoptifs de tes autres soeurs, j’ai compris que toutes étaient touchées par le même fléau.

Tu as fait de ton mieux pour m’élever socialement mais, je te reproche d’être restée muette trop longtemps !  Tu t’es laissée sombrer dans la maladie. Tu as arrêté de te battre et certains de tes enfants sèment la terreur !

Mère, tes enfants font valoir la Race. Ils disent que la France est blanche. Alors que tu m’as dit que la France était colorée. Que puis-je faire ?  Je ne suis que la petite soeur adoptée.

Que vont-dire mes soeurs colorées nées sur le sol ?

Tu as laissé une partie de tes enfants semer des disparités entre nous. Tu pouvais aussi utiliser le langage des signes, mais je pardonne ton silence.

Par moment, j’ai même eu l’impression que tu prenais partie.  Que tu avais une préférence pour certains de tes enfants.

Anyway ! Malgré tout, je te serai toujours reconnaissante pour ce que tu m’as apporté.

J’ai compris qu’à ton niveau tu ne peux plus rien faire pour moi, je dois prendre ce que j’ai à prendre. Comme le dit le dictons  » la liberté s’arrache, elle ne se donne pas ».

Je dois te laisser pour aller voir un avocat car, nombreux de tes fils/filles tyranniques ne veulent pas m’embaucher et ne veulent pas partager les postes de cadre avec tes enfants adoptifs.

Vois-tu ? A chaque étape, tes enfants me cassent les pieds !  Ils oublient que tu es notre mère à tous !

À la guerre comme à la guerre.

Ils veulent me voir misérable et mendiante mais cela n’arrivera pas !

Le combat continue…

A bientôt.

PS: Malgré tout, je t’aime mère !

Adelia Good

Aimer ou partager ce post

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial